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mercredi 21 octobre 2015

Sur la dernière rencontre du Conseil d'administration du Centre



Bonjour, tout le monde!

Comme d'habitude,  après la fin du dernier CA du Centre (les 6 et 7 octobre), je publie un post pour vous faire part de tout ce dont on a discuté à la réunion. =D

Avant de commencer, une petite précision pour les nouveaux arrivants:

Le Centre de la francophonie des Amériques est un organisme créé et soutenu par le Québec. Il a un Conseil d'administration qui s'occupe de plusieurs choses dont la gouvernance du Centre, sa programmation, les élections des membres du CA, etc. Une autre chose importante à dire, c'est que le Conseil d'administration a TROIS types d'administrateurs: ceux, comme moi, qui ont été élus par les membres du Centre (ceux et celles inscrits sur son site); ceux qui ont été désignés par le gouvernement du Québec; ceux qui ont été nommés par le gouvernement (en général, des employés travaillant dans des ministères).

Ces trois types d'admistrateurs garantissent une diversité énorme de perspectives puisque, par exemple, les gens du gouvernement sont bien plus au courant des difficultés financières de l'état québécois, ce qui finit par toucher directement le Centre (qui est, comme je vous ai dit, financé par le Québec) et des directives du gouvernement. Après, les élus et les nommés, ce sont des gens ayant une grande expertise sur la réalité de la francophonie hors Québec,  des gens avec un gros bagage sur la réalité du français ou encore sur la politique.

Ce mélange de perspectives, au lieu d'être un facteur qui difficulte les échanges, est, peut-être, la principale raison de la qualité des discussions que l'on a eues lors du dernier CA. Passons alors aux thèmes débattus!

Lors du premier tour de table, au début de la réunion, on parle des sujets qui nous touchent directement (des dossiers les plus importants sur lesquels on se penche, sur nos pays ou régions d'origine, etc.):

- Les commentaires des administrateurs désignés par le gouvernement touchent essentiellement les restrictions budgétaires, le Partenariat Transpacifique, le changement climatique ainsi et les stratégies maritimes.
- L'administratrice élue par l'Acadie nous raconte que les Acadiens réfléchissent beaucoup à l'avenir du Congrès mondial acadien et qu'en fonction de la chute de l'entreprise pétrolière dans l'ouest canadien, il y a un mouvement de retour en Acadie.
- Au Manitoba, l'administratrice partage avec nous sa joie de voir que les États généraux rassemblent presque 4 fois plus de gens que ce qui était attendu... ils voient, d'après elle, un "gros effort citoyen" de la part des francophones de là-bas.
- De ma part, j'ai parlé du Congrès brésilien des professeurs de français, de l'affiche (ci-dessus) qui a été produite par les participants, de la réalité du français au nord du Brésil, du lieu choisi pour la tenue du prochain Forum et de mon souhait que le Centre crée une activité comme le Forum ciblant les enseignants de français de notre continent pour que les prochaines générations de francophones et francophiles soient au courant de la diversité qui marque le fait français chez nous.

Le deuxième point dans l'ordre du jour était une présentation de la firme Gagné Leclarc sur la pénétration du Centre dans le continent américain. Ils ont fait des sondages auprès des membres et des analyses de données pour pouvoir fournir un portait en chiffres de la présence du Centre en Amérique. 

En très peu de temps (pas plus que 8 ans), le Centre a presque 30 000 membres de partout dans les Amériques. Il devient de plus en plus une référence pour les francophones de notre continent et une source de partenariats et de formations incroyable (des données surprenantes ont été fournies par la firme mentionnée ci-dessus). La question que l'on s'est posée alors était: comment continuer à avancer et tenir compte des liens déjà établis?! 

Ajouté à cela, il y a aussi la question budgétaire: le gouvernement québécois coupe des dépenses et quelques investissements et le Centre ne fuit pas ça. Le budget du Centre a donc été coupé, ce qui peut avoir un impact direct sur ses programmes et qui suscite des débats concernant d'autres sources de financement (le gouvernement fédéral, d'autres villes francophones, le privé).

Comme le Centre est un organisme québécois et le Ministre Fournier a demandé au CA du Centre de porter une attention spéciale à cette région, le Centre se penche depuis quelque temps sur un plan d'action pour le Québec pour que le Centre soit de plus en plus connu par les citoyens qui le financent. La nouveauté de cette dernière rencontre, c'est que l'on a convenu être nécessaire un plan d'action pour toutes les Amériques: une fois que le Centre EST DES AMÉRIQUES, il faut prévoir des actions pour rendre compte de tout ce vaste territoire et réussir à cibler les territoires encore pas beaucoup touchés par le Centre.

Cette réflexion mène à d'autres réflexions: la tenue du prochain Forum, par exemple. Pour des questions budgétaires, logistiques et de notoriété, le Centre, appuyé par le Conseil d'administration, a considéré que la candidature de Montréal était la plus pertinente pour le prochain Forum. Cette décision a généré un long débat à la dernière réunion et on s'est dit qu'il faut déjà commencer à réfléchir et à bâtir les conditions nécessaires pour que le prochain Forum ait lieu ailleurs. Il en est de même pour l'Université d'été. Le Réseau des villes francophones et francophiles des Amériques - qui sera lancé dans très peu de temps - aidera peut-être à créer ces conditions... on va voir!

De mon côté, j'ai apporté la question du Cahier de charges pour la tenue des Forums: il est conçu avec des critères nord-américains, qui ne reflètent pas nécessairement la réalité de la francophonie de l'Amérique latine, soit du Mexique jusqu'à Ushuaia. Normalement, on va se pencher à adapter le Cahier de charges à nos réalités diverses et fournir des orientations aux organismes veillants accueillir le Forum. 

Aussi, dans une conversation avec Mme Aleksandra Grzybowska, la responsable de la Bibliothèque numérique du Centre, j'ai soulevé la nécessité d'avoir des livres en français facile, vu que les gens qui apprennent le français comme langue étrangère (ce qui arrive dans toute l'Amérique latine) ont des besoins langagiers différents de ceux et celles apprenant le français comme langue maternelle ou seconde (situation dans laquelle le contact avec le français est relativement plus abondant).

Pour ce qui touche le programme Mobilité de chercheurs, après des conversations avec des étudiants au Master, je me suis rendu compte qu'il faudrait réviser les critères pour obtention de la bourse, vu qu'en Amérique latine, la recherche scientifique n'est pas une affaire juste du Doctorat, mais bien au contraire: en général, déjà à la maîtrise, on se consacre à la recherche. Normalement, on débattra de cela dans la prochaine rencontre du Comité de programmation, en janvier ou février prochains!

Et voilà!!! Le texte est long parce que longues et intenses ont été nos discussions dans la dernière rencontre du Conseil d'administration!

De mon côté, j'ai été très satisfaite des débats menés, enchantée par la richesse d'idées et par la capacité d'écoute de notre nouvelle présidente, Mme Diane Blais, et de notre PDG, M. Denis Desgagné, et encore plus encouragée à continuer à oeuvrer pour la diversité de notre francophonie!!


2 commentaires:

  1. Merci beaucoup Janaína ! Un compte rendu bien écrit et très informatif. Je me demandais en effet si vous n'avez pas discuté du choix de lieu du prochain forum. Puis, je crois qu'il faut que le Centre se tourne aussi vers des financements privés et fédéraux...si c'est le gouvernement québécois uniquement qui finance, je crains que le Centre ne puisse satisfaire à tout moment que ce que le gouvernement lui permet de faire avec les moyens donnés.

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    1. Tout à fait, Yvens! Personnellement, je vois une contradiction intrinsèque qu'il faut toujours gérer: le Centre est un organisme gouvernamental, soutenu par le Québec, mais il s'adresse à toutes les Amériques, alors ce serait naturel qu'il puisse aller chercher de l'argent dans toutes les Amériques.

      MAIS: selon le gouvernement en place, il peut interdire le Centre d'aller chercher de l'argent au fédéral (ce qui a déjà eu lieu, par exemple).
      MAIS 2: Il y a un énorme risque d'aller vers le privé, qui peut imposer des contraintes dangeureuses aux principes et à la programmation.

      On en a beaucoup parlé dans cette dernière rencontre. Tout le monde est d'accord sur la nécessité de diversifier le financement et à la fois tout le monde reconnaît les possibles dangers. C'est dans ce sens que je vois le Réseau de villes francophones et francophiles des Amériques comme une bonne sortie pour la question du financement: on resterait dans le public mais avec une plus grande diversité.

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