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lundi 25 novembre 2013

Dernière journée de vote!

Chers francophones de toutes les Amériques,

Aujourd'hui, c'est la dernière journée de vote pour les élections du Conseil d'administration du Centre de la francophonie des Amériques!

Vous pouvez voter à travers ce lien: http://vote.francophoniedesameriques.com/identification/13 (s'il ne marche pas, vous pouvez copier et coler dans la barre d'adresse de votre navigateur).

Mais puisque la francophonie n'est pas faite que d'élections, nous tenons à vous informer aussi qu'aujourd'hui, c'est la Journée internationale de lutte contre la violence faite aux femmes!

Sur ce lien, vous allez découvrir les raisons pour lequelles l'on a créé la journée et aussi des statistiques portant sur la violence contre les femmes!


Vive la francophonie des Amériques! Vive une francophonie de plus en plus respecteuse de la diversité culturelle et de la diversité de genre!



dimanche 17 novembre 2013

Élections du Conseil d'administration - de nouveaux supporteurs!

Bonjour, chers francophones des Amériques!

Les élections pour le Conseil d'administration du Centre ont été lancées et nous avons jusqu'au 25 novembre pour voter! Mais n'attendez surtout pas jusqu'à la dernière minute; lisez les dossiers des candidats, échangez avec elles et avec eux et puis faites vos choix.

De notre part, nous tenons à vous remercier de votre appui!

Trois jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques se sont joints à notre projet: 

Ian Merkel, des États-Unis, 
Rachelle Francoeur, du Canada, et 
Teresa Tomatti, de l'Argentine!

De plus, nous avons l'honneur d'avoir l'appui de Mme Haydée Silva, professeure de l'Université Nationale Autonome du Mexique. Mme Silva travaille avec le jeu en classe de langue et a un website: lewebpedagogique.com

Finalement, après le support de Mme Gabrielle Durana, qui est membre du Conseil d'administration - poste "personne provenant de l'extérieur du Canada" (le poste pour lequel nous postulons!) - nous avons l'appui de M Max Jean-Louis, jeune ambassadeur de la francophonie des Amériques et actuel membre du Conseil d'administration pour le poste "âgé de 35 ans et moins". 

Notre candidature se veut de plus en plus inclusive et représentative de la diversité qui compose notre francophonie et il est pour cela que vos contributions sont très importantes! N'hésitez pas à nous faire part de vos projets, vos rêves, vos opinions!

Nous allons finir cette publication avec une excellente nouvelle! C'est une nouvelle qui illustre parfaitement notre manière de concevoir la francophonie des Amériques: c'est une francophonie respectueuse de la diversité culturelle et des identités multiples. 

Une garderie enseigne les traditions autochtones
Une garderie enseigne les traditions autochtones
Crédit photo : Emmanuel Delacour, Agence QMI
Le CPE Soleil Le Vent à Verdun
Par Emmanuel Delacour | Agence QMI
Unique en son genre à Montréal, le Centre de la petite enfance (CPE) Soleil Le Vent enseigne aux tout-petits des éléments de la culture autochtone.
Que ce soit par la musique ou par les contes, l'établissement qui peut accueillir jusqu'à 80 enfants répond à un besoin des communautés de l'arrondissement Verdun.
«Nous avons ouvert nos portes en 2009, mais le conseil d'administration des parents avait déterminé bien avant cela la nécessité d'ouvrir un CPE de ce genre à Montréal», a expliqué Alana-Dawn Phillips, directrice du CPE Soleil Le Vent.
Les parents viennent de tous les coins de Montréal, parfois même de Châteauguay et d'Oka, afin de pouvoir placer leur bambin au centre, a-t-elle confirmé.

Chansons en Inuktitut

Parmi les services offerts au Soleil Le Vent, on retrouve une éducatrice d'origine inuit qui apprend aux enfants des mots et des chansons en Inuktitut. Tous les mercredis, une aînée d'origine mohawk vient enseigner la musique et des chants iroquois.
(Crédit photo: Emmanuel Delacourt, Agence QMI)
«Les enfants ont tous leur petit tambour et ils connaissent leurs chansons par cœur. Ils aiment tellement cela qu'ici, il ne se passe pas une heure sans qu'un enfant chante un air traditionnel», de dire Mme Phillips.
Certains parents ont même la surprise de voir leurs enfants retourner à la maison en fredonnant une mélodie en iroquois. Plusieurs d'entre eux leur ont même acheté un petit tambour à la maison, a assuré la directrice.

Menu autochtone

Même le menu de la garderie s'inspire des traditions autochtones. «Une fois par semaine, on offre un met de la coutume. Parfois il s'agit d'une viande, comme du caribou», a souligné Mme Phillips.
Bien que plusieurs des enfants du CPE soient issus des Premières NationsInuits ou Métis, d'autres ne le sont pas.
«Nous sommes très ouverts. L'idée est d'offrir une expérience enrichissante aux enfants. On leur donne une opportunité de découvrir une autre culture», a commenté la directrice.
Est-ce que toutes ces activités pourraient être le premier pas pour ces enfants vers un intérêt pour leurs racines ou celle de leur voisin. «On peut l'espérer», de dire simplement Mme Phillips.



mercredi 13 novembre 2013

Quelques propositions d'initiatives pour le Conseil d'administration

Bonjour, chers francophones des Amériques!

Comme résultat des échanges que nous avons eus avec les supporteurs de notre candidature, nous avons pensé à un ensemble de possibles initiatives à proposer dans le cadre du Conseil ainsi qu'un ensemble de valeurs à y défendre.

- Sur la représentativité au sein du Conseil d'administration:
  1. Défendre l'amélioration de la représentativité culturelle et géographique dans le Conseil 
- Sur les actions du Centre et le soutien à des projets:
  1. Défendre une attention spéciale aux projet
    I – associant la perspective linguistique (la diffusion du français) à une perspective sociale (le français comme moteur d'amélioration de la vie des citoyen
    II – encourageant la dynamisation du réseautage de la francophonie des Amériques (une francophonie qui se communique est une francophonie solide)
    III – à être menés dans des communautés où le français est minoritaire
Sur le français et l'enseignement:
  1. Défendre l'appui à l'élaboration de matériel pédagogique ayant comme paradigme culturel la francophonie des Amériques (pour le moment, l'on utilise surtout du matériel franco-français alors que l'on a une riche production en didactique de langues)

  2. Défendre le rapprochement du Centre aux Associations des professeurs de français des pays de l'Amérique Latine: la plupart des pays latino-américains n'offre plus l'enseignement du français (ni d'autres langues, à part l'anglais) et le Centre a un rôle essentiel à jouer dans le rassemblement des organismes. 
Nous souhaitons oeuvrer pour une francophonie de plus en plus solidaire et démocrate

Pour cela, si élus, nous comptons créer un comité consultatif pour rassembler au moins une personne de chaque pays/région des Amériques.

En effet, même si notre vécu auprès de francophones de partout dans les Amériques contribue à notre sensibilité à la diversité de la francophonie, il est clair qu'un francophone des États-Unis connaît beaucoup plus sur sa réalité, ainsi qu'une francophone de la Martinique ou encore un francophone de l'Haïti et c'est avec leur (ta) contribution que nous voulons travailler dans le Conseil !

Si tu as d'autres suggestions ou des demandes, n'hésite pas à nous contacter! 

dimanche 10 novembre 2013

À quoi bon une candidature de l'Amérique Latine?

Après la publication des candidats pour les élections du Conseil d'administration du Centre de la francophonie des Amériques, beaucoup de francophones m'ont contactée pour savoir plus sur notre candidature.

Au-delà des conversations bilatérales - qui sont, d'ailleurs, toujours très enrichissantes - nous avons décidé de créer ce blogue, qui était censé d'être un espace de dialogue et de diffusion de notre manière de concevoir cet esprit vivant qui est la francophonie des Amériques.

Je commence donc cette publication avec une observation: avez-vous remarqué que j'utilise souvent le "nous" à la place du "je"? Cela n'est pas pour rien. En effet, il s'agit d'une candidature qui représente beaucoup de voix, pas seulement la mienne.

Elle représente l'envie des francophones latino-américains d'être présents dans le Conseil d'administration du Centre, mais aussi la voix de nombreux Nord-Américains qui, dans leur immense solidarité, souhaitent une francophonie de plus en plus plurielle et multiple.

Cette candidature est donc le résultat d'un désir collectif, partagé entre francophones de partout dans les Amériques. C'est pour cela que nous nous présenterons dorénavant avec le pronom personnel "nous"; le "je" n'étant pas suffisamment grand pour représenter toutes les voix qui parlent quand nous écrivons ici.

Voici quelques supporteurs de notre candidature:

De l'Amérique Latine

Ignacio Reyes, Jeune ambassadeur du Chili
Francisco Aiello, Jeune ambassadeur de l'Argentine
Adriana Fuentes Ramos, Jeune ambassadrice de la Colombie
Lucía Cardeñas, Jeune ambassadrice de la Colombie
Sandra Elizabeth, Jeune ambassadrice de l'Équateur
Sara Tamayo, Jeune ambassadrice de la Bolivie
Maricel Fernandez, Jeune ambassadrice de Cuba
Rodrigo Olmedo, Jeune ambassadeur du Méxique
Ricardo Junios Emmanuel, Jeune ambassadeur de l'Haïti
Letícia Camarena, Jeune ambassadrice de Saint Domingue
Mariely Tessaroli, Jeune ambassadrice du Brésil
Lívia Nonato, Jeune ambassadrice du Brésil
Janaína Thayonara, participante à l'Université d'été 2013, Brésil
Ana Carolina Freitas, étudiante à l'Université de Santa Catarina, Brésil

De l'Amérique du Nord:

Karen Beaulieu, Jeune ambassadrice de l'Alberta, Canada
Rejean Belcourt, Jeune ambassadeur de l'Ontario, Canada
Bruno Sharpe, de la Colombie-Britannique, Canada
Ariane Brun del Ré, de l'Ontario, Canada
Elizabeth La Rue, du Manitoba, Canada
Yan Dallaire, du Québec, Canada
Samuel Samson, du Québec, Canada
Pierre-Luc Gravel, Québec, Canada

Des présidents d'écoles de langue ou d'associations de professeurs de français:

Gabrielle Durana, présidente de la French Education in the Bay Area, États-Unis
Kary Rodríguez, présidente de l'Association des professeurs de français du Salvador, El                                                                                                                                  Salvador
Rosalina Chianca, présidente de l'Association des professeurs de français du Brésil, Brésil
Lavínia Teixeira, présidente de l'Association des professeurs de français de la province de la                                                                                                                           Paraíba, Brésil

Dans la prochaine publication, nous allons parler de nos idées principales pour une éventuelle participation dans le Conseil d'administration du Centre!







samedi 9 novembre 2013

La francophonie bouge!

Par suggestion du jeune ambassadeur haïtien, Yvens Rumbold, je diffuse l'expo "Haïti, in extremis"
- qui a l'air d'être tout simplement magnifique! - au Musée de la civilisation, situé dans la ville de Québec, au Canada.

Voici un extrait de ce que vous allez trouver dans l'exposition! (adapté du site)

Haïti, in extremis

Une exposition saisissante!



Entrer dans l’exposition Haïti, in extremis présentée au Musée de la civilisation à Québec, c’est laisser derrière soi les images de catastrophes naturelles amalgamées à la pauvreté et aux problèmes politiques que cette île évoque pour faire place à des artistes engagés et à leurs créations empreintes d’une culture où la vie et la mort s’entremêlent dans une dérision désarmante
Le directeur général des Musées de la civilisation, M. Michel Côté, s’est dit enthousiaste de faire découvrir un aspect méconnu de la perle des Caraïbes, grâce à l’avenue inusitée de l’art. « Le visiteur est véritablement (...) saisi par la puissance qui se dégage des créations des artistes haïtiens, véritables passeurs d’une culture vivante encore trop peu connue. Cette exposition ne peut nous laisser indifférents : elle nous déstabilise, nous bouscule, nous touche, nous surprend... bref, elle joue son rôle. » 
Le ministre de la Culture et des Communications, M. Maka Kotto, a fait valoir que « cette initiative du Musée de la civilisation a l’audace d’utiliser l’art contemporain du 21e siècle pour révéler la culture haïtienne dans ce qu’elle a de plus fort. L’exposition dévoile l’art haïtien en dehors de tous stéréotypes et est une démonstration éclatante que la création s’avère essentielle à la vie. Qui continue de créer ne meurt jamais vraiment ».

Des œuvres et des artistes percutants
Près d’une centaine d’œuvres d’art contemporain haïtien réalisées par une quarantaine d'artistes nous plonge au cœur d’un univers insoupçonné. Les Gede, ces esprits divins vodou incarnant autant la mort, par des crânes ou des ossements, que la vie par des attributs sexuels mâles démesurés, sont prédominants et inspirent des œuvres aux médiums variés : textile, peinture, sculpture, techniques mixtes et multimédias. En s’attardant aux textes, on comprend rapidement que dans la culture haïtienne, la vie et la mort sont imbriquées l’une dans l’autre : Il n’y a pas de mort sans la vie, il n’y a pas de vie sans la mort, a écrit le sculpteurAndré Eugène. Même la matière a droit à une deuxième vie car plusieurs pièces sont faites à partir de matériaux de récupération.

Autour des artistes établis que sont Mario Benjamin, Maksaens Denis, Frantz Zéphirin, émergent ceux de la nouvelle décennie, comme Mirlande Constant ou David Boyer et tous ceux du collectif Atis Rezistans (artistes résistants), plus connus sous le nom « Les artistes de la Grand Rue », en référence à la rue principale du centre-ville de Port-au-Prince. Cet endroit est un véritable labyrinthe, à la fois lieu de vie et lieu de création avec, à portée de main, tout le matériel de récupération souhaité. Les artistes André Eugène, Jean Hérard Céleur et Frantz Jacques dit Guyodo, en furent les initiateurs. Ils ont été rejoints par Jean Claude Saintilus, Alphonse Jean Junior, dit Papa Da, Jean Baptiste Gétho et d’autres artistes du voisinage. 

Les jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques de 2010 ont eu la chance de connaître un peu de la production artistique haïtienne lors de la IIe édition du Forum des jeunes ambassadeurs, quand un groupe de jeunes de la COSAFH (https://www.facebook.com/cosafh.culture) a joué une pièce de théâtre sur l'histoire de l'Haïti. C'était l'art qui permettait de connaître une triste histoire d'oppression et une belle histoire de luttes et de libération. Si la Révolution française a contribué à la fondation des Républiques dans le continent américain, c'est sûrement l'Haïti qui a montré que la liberté et l'autonomie étaient possibles pour les peuples des Amériques et surtout pour l'Amérique latine.

Je partage avec vous quelques photos de la pièce!




mercredi 6 novembre 2013

Élections pour le Conseil d'administration du Centre: c'est parti!

C'est parti: les élections pour le Conseil d'administration du Centre de la francophonie des Amériques ont été lancées et il y a deux postes pour lesquels nous allons voter: 1) personne provenant de l'ouest du Canada et 2) personne provenant de l'extérieur du Canada.

Les deux autre postes (personne provenant de l'Acadie et personne provenant de l'Ontario) n'auront pas d'élections parce qu'il y a eu une seule candidature de l'Acadie et parce qu'aucune candidature était éligible depuis l'Ontario.

Avec ma candidature, qui a été d'ailleurs conçue par un large nombre de francophones de toutes les Amériques, nous souhaitons contribuer encore plus au rayonnement de la diversité de la francophonie de notre continent. L'histoire de luttes, de colonisation et de libération de l'Amérique Latine est tout à fait liée à la présence du français, qui a été le véhicule de nos modèles de société et qui aujourd'hui peut contribuer énormément à la formation culturelle et citoyenne du peuple sud-américain.

Voici le lien pour connaître les candidats: http://www.francophoniedesameriques.com/fr/centre/elections/les_candidats_en_2013.html

Pour chacun et chacune des candidats, il y a une lettre de recommandation, une de présentation et un CV!

Notre lettre de référence a été rédigée par la Présidente de la Fédération brésilienne des professeurs de français, Mme Rosalina Chianca. Voici le lien: http://www.francophoniedesameriques.com/documents/misc/07.Janaina.Nazzari.Gomes%20-%20Lettre%20reference.pdf

Puis, notre CV: http://www.francophoniedesameriques.com/documents/misc/07.Janaina.Nazzari.Gomes%20-%20cv.pdf

Et la lettre de motivation: http://www.francophoniedesameriques.com/documents/misc/07.Janaina.Nazzari.Gomes%20-%20Motivation.pdf

N'hésitez pas à réagir, à nous poser des questions et à proposer des débats!
Il y a déjà des gens qui nous lisent depuis les États-Unis, le Canada, l'Argentine, l'Haïti, l'Ukraine, l'Allemagne, la France, le Chili et l'Argélie!

Personne provenant de l’Ouest ou des territoires (Canada

Personne provenant de l’Ouest ou des territoir

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Personne provenant de l’Ouest ou des territoires (Canada

mardi 5 novembre 2013

La gestuelle et l'enseignement

Pour les profs et apprenants de français qui lisent ce blogue: un excellent entretien avec Marion Tellier, professeure à Aix Marseille Université, qui nous apprend l'importance de la gestuelle pour la mémorisation et pour l'accès au sens.

Personnellement, j'aurais à ajouter que la gestuelle rend un cours beaucoup plus intéressant pour les profs aussi, vu que les gestes impliquent et demandent notre corps entier... c'est une manière vraiment plus passionnante d'enseigner une langue!

Bonne lecture!

Bonjour Marion, pourriez-vous nous présenter votre parcours ?
Bonjour. J’ai commencé par faire des études d’anglais. Après une maîtrise de littérature britannique, j’ai fait une maîtrise FLE car je voulais enseigner les langues. Après cela, j’ai poursuivi en DEA (l’ancien équivalent du Master 2 recherche) où j’ai commencé à travailler sur la gestuelle des enseignants de langue. Ce sujet m’a passionnée et comme il y avait peu de travaux sur le sujet, j’ai poursuivi avec un doctorat de linguistique, obtenu en 2006. J’ai ensuite été recrutée comme maître de conférences en didactique des langues à Aix Marseille Université où j’enseigne la didactique et les études de la gestuelle. Je suis également membre du Laboratoire Parole et Langage du CNRS.
Pourquoi vous êtes-vous intéressée à la gestuelle ?
J’étais enseignante de FLE et d’anglais et je voyais bien que le geste était une technique pédagogique très pertinentenotamment pour l’accès au sens et pour la mémorisation lexicale. Cependant, quand j’ai cherché des informations sur le sujet, j’ai constaté qu’il y avait très peu d’études. Dans les ouvrages pédagogiques ou dans les instructions officielles, on conseille souvent aux enseignants de « faire des gestes » mais personne n’explique comment ni pourquoi. Et surtout aucune étude n’avait cherché à montrer si c’était efficace. Alors, j’ai essayé de le faire.
Pour illustrer cet entretien, auriez-vous 3 techniques à essayer en classe pour les enseignants qui nous lisent ?
gestuelle-fle
Il faut déjà expliquer de quoi il est question lorsque l’on parle de gestes pédagogiques. Il s’agit de la façon dont un enseignant utilise son corps pour faire passer du sens en langue étrangère. Au lieu de traduire ce qu’il dit dans la langue première des apprenants, il utilise son corps pour véhiculer du sens. Par exemple pour expliquer « conduire », je vais mimer le fait de tenir un volant, pour dire « travaillez par groupes de 3 », je vais faire un geste de rassemblement et indiquer le chiffre 3. Ou encore, pour féliciter un apprenant qui a bien répondu, je vais sourire et acquiescer, peut-être même applaudir. On peut donc utiliser les mains, les postures, la tête, le visage, etc.
La première chose à savoir, c’est que pour que la gestuelle soit efficace, elle doit être visible. L’enseignant est comme un acteur sur une scène de théâtre, il doit être vu et entendu de tous. Donc, de la même façon que l’on projette sa voix pour être entendu, on doit produire une gestuelle ample et dans le champ de vision des apprenants pour être vu. Il faut aussi éviter de parler en se tournant vers le tableau, de restreindre ses gestes, par exemple en tenant des feuilles de papier ou un livre des deux mains.
La deuxième chose est importante notamment lorsque l’on enseigne à des apprenants qui n’appartiennent pas à notre culture (par exemple lorsque l’on est un enseignant de FLE natif). Il faut savoir que certains gestes (pas tous, attention) sont marqués culturellement et s’ils ont une signification pour nous, ils n’en ont pas forcément pour les membres d’une autre culture. On appelle ces gestes des « emblèmes », ils ont une forme fixe et chaque culture en possède un répertoire d’environ 200, ils sont un peu comme des expressions idiomatiques gestuelles. Des gestes typiquement français que l’on peut citer en exemple sont ceux qui vont avec les expressions : « être bourré », « passer sous le nez », « c’est rasoir », « mon œil », etc. Il peut aussi arriver que le même geste existe dans deux cultures avec deux sens différents et là, bonjour les situations d’incompréhension !!! Voici quelques exemples que des enseignants de FLE m’ont rapportés : « En fait, ce sont mes élèves qui ont été choqués quand j’ai utilisé le geste « Dépêchez-vous ! « . Au Mexique, cela fait plutôt penser à une invitation à des relations intimes. » / « Dans un cours de langue, une étudiante indienne me faisait un signe de tête qui à mon sens signifiait « non » à chaque fois que je demandais si elle avait compris. J’ai réexpliqué trois fois avant de lui demander ce qu’elle ne comprenait pas (car ce n’était pas difficile) et elle s’est exclamée : ‘Mais ça fait trois fois que je vous dis que j’ai compris !’ »
Comme on peut le voir dans ces deux exemples, le même geste a des significations différentes entre les cultures, ce genre de quiproquo peut être une très bonne occasion d’aborder le sujet des emblèmes comme contenu de cours (notamment dans une perspective interculturelle).
Troisième chose, et là je reviens sur le geste pédagogique du type « mime », il faut savoir que le geste peut avoir un impact sur la mémorisation du lexique ou de la prononciation. Lorsque vous faîtes des gestes pour expliquer un mot ou pour montrer un contour prosodique, vos apprenants visuels et kinesthésiques (c’est-à-dire la majorité de vos apprenants) en bénéficient grandement. Plusieurs études et notamment une que j’ai faite avec des enfants, montrent que le fait dereproduire un geste en répétant un mot renforce la mémorisation lexicale. Ainsi, si on fait répéter le mot « livre » en mimant l’ouverture et la fermeture d’un livre avec les mains jointes, la mémorisation en sera renforcée. Bien sûr, ça marche surtout pour les mots concrets.

Comment peut-on en savoir plus sur ce thème et sur vos travaux ?
J’ai un blog « Sur le bout des doigts » où j’annonce les conférences et formations que je donne ainsi que mes publications.
Et surtout ma page professionnelle où tous mes articles sont en ligne gratuitement.
Je suis également en train de préparer un ouvrage sur le corps et la voix de l’enseignant avec Lucile Cadet donc à suivre !
Merci Marion et à bientôt !
Merci à vous !

jeudi 31 octobre 2013

La francophonie et les femmes!

Cela m'inquiétait de ne pas avoir publié un mot sur la francophonie et les femmes! Ayant trouvé ce beau reportage de TV5 Monde, j'ai décidé que c'était l'heure de le faire!

Voici donc un recueil de témoignages de féministes des quatre coins du monde - y compris une du continent américain, du Chili! Elles parlent francophonie, parlent oppression, parlent libération.

Parce que la diversité de la francophonie est aussi le respect à la diversité de genre!

Témoignages de féministes dans le monde!

"Les Rwandaises ont réussi à sortir le pays du chaos" 

"Les Camerounaises n'ont aucune responsabilité politique"

"Une manipulation islamiste" en Algérie

"Les filles voilées dérangent l'orthodoxie islamique" en Turquie

"Les Indiennes bénéficient d’excellentes politiques publiques"

"Ces avancées sont menacées par le retour des taliban"

Au Chili, "le féminicide demeure au centre de nos actions"

"Les femmes russes sont encouragées à rester chez elles"

mercredi 30 octobre 2013

Les pensionnats indiens au Québec, la sujétion culturelle et le français!

Lorsque l'on parle francophonie, on parle de la magnifique possibilité d'aller volontiers vers l'autre à travers la langue française, l'on parle de pouvoir connaître les quatre coins du monde, toujours en français, et l'on parle finalement de pouvoir se plonger dans une culture et d'y vivre grâce au français.

Mais une langue a au moins deux faces: celle qui signifie un peuple, qui lui accorde des racines et une identité; et celle qui peut servir à la sujétion culturelle.

Que ce soit au Canada, aux États-Unis ou dans l'Amérique Latine, les langues des colonisateurs, respectivement, le français/l'anglais, l'anglais et l'espagnol/le portugais, ont contribué à détruire la culture, l'identité et les langues des premières nations. Dans ce sens donc le français porte des contradictions et, l'on pourrait dire, même son côté négatif.

Comme l'a dit une fois l'ancien président du Brésil, Lula, en discours pour l'Assemblée Générale des Nations Unies, "nous [le Brésil] ne pourront jamais payer notre dette avec le continent africain [les Africains et l'esclavage], mais nous pouvons au moins montrer notre solidarité envers ce continent, avec de la contribution dans le domaine de l'éducation, par exemple [d'où les partenariats offrant des bourses d'études]". 

Le français, semble-t-il, a aussi une dette à payer aux peuples autochtones, et la seule manière de la payer, c'est avec le respect à la diversité.

Voici une vidéo qui traite des pensionnats indiens au Québec, un outil d'assimilation culturelle.

https://www.youtube.com/watch?v=Dd0W7fI7uGE#t=94

Comprendre la diversité du fait francophone dans notre continent, c'est aussi reconnaître les défis à surmonter pour qu'il ait toujours de l'espace pour la diversité, pour toutes les langues, toutes les cultures.

mardi 29 octobre 2013

Reportage de Radio-Canada: Un clown trifluvien revient d'un camp de réfugiés syriens

Un peu d'amour dans la guerre!

Un reportage de Radio-Canada qui porte sur un clown trifluvien (qui vient de la ville de Trois Rivières, au Québec) qui est parti en Jordanie pour faire de l'animation dans un camp de réfugiés.

C'est émouvant! Faut regarder la vidéo!

http://www.radio-canada.ca/regions/mauricie/2013/10/29/004-clown-guillaume-vermette-jordanie.shtml


L'artiste-clown: Guillaume Vermette
Photo: Sylvain Mayer

Programme "Mobilité de chercheurs", du Centre de la francophonie des Amériques!

Opportunité pour les chercheurs francophones des Amériques!!

http://www.francophoniedesameriques.com/chercheurs/presentation.html


Objectifs du programme

  • Favoriser la création d'un réseau de chercheurs dans les Amériques
  • Faciliter la création de liens entre université et communauté
  • Encourager les chercheurs à s'intéresser à la francophonie et aux communautés francophones des Amériques
  • Démocratiser les savoirs et favoriser les échanges entre la communauté scientifique et le public

Qui peut faire une demande?

  • Professeur titulaire rattaché à une université dans les Amériques
  • Chercheur postdoctoral (titulaire d'une thèse de doctorat)
  • Étudiant au doctorat (3e cycle)

Qui peut accueillir un conférencier-chercheur?

  • Une université
  • Un centre de recherche/chaire de recherche/laboratoire de recherche
  • Secteur institutionnel ou secteur privé (entreprise francophone, organisme communautaire)

J'ai toujours une question dans la tête: comment suis-je devenue francophone?

Le français, dans l'Amérique Latine, a un rapport très fort avec la France. Comme étudiante en Lettres et après comme enseignante de français, le but principal était donc de réproduire le français de France (réproduire l'accent français, connaître la littérature française, visiter la France).

Au début donc j'étais une Brésilienne qui, par chance, parlait français (comme l'a dit un ami américain, participant au IIe Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques - http://www.youtube.com/watch?v=PAzK87rxsPc).

En 2010, j'ai eu la CHANCE - et c'était vraiment une chance! - de gagner une bourse pour participer au Forum des jeunes ambassadeurs! C'est avec les témoignages d'un Justin, d'une Céleste, d'un Ignacio, d'une Teresa, d'un Rejean, d'une Elizabeth, d'une Ludgie, d'un Yan que je suis devenue francophone! C'est avec les Acadiens et leur histoire de résistance et leur joie de vivre et leurs contes que je suis devenue francophone! Et c'est surtout parce qu'avec les autres jeunes ambassadeurs, nous avons élargi le concept de francophonie:

c'était une francophonie plurielle, qui donnait espace à tous les accents, à tous les mélanges ( français/ anglais,  français/créole, et aussi français/portugais et l'espagnol), à toutes les littératures, à toutes les chansons. 

Et seulement parce que j'ai eu la chance de rencontrer des francophones de partout dans le monde, j'ai pu devenir francophone, moi aussi. Ma francophonie dépend alors de la diversité de la francophonie, parce que c'est dans la diversité qu'il y a de l'espace pour une latino-américaine, pour qui le français est devenu une langue d'adoption!



 

vendredi 18 octobre 2013

Qu'est-ce que c'est qu'être un francophone?
Comment être francophone si on ne vit pas en milieu francophone?
Comment être francophone si on n'est jamais allé à un pays francophone?
Quel est le but d'être un francophone dans l'Amérique latine?

Je vous présente la contribution de Kary Rodríguez, soeur latino-américaine, du Salvador, qui a participé à la dernière Université d'été du Centre de la francophonie des Amériques. Elle est présidente de l'Association des profs de français de son pays et soutient notre candidature, une candidature de l'Amérique latine qui veut contribuer encore plus à la diversité de la francophonie du continent américain.

Bonne lecture!


Des fariboles 
Dors, ma petite princesse, dors
Fais de beaux rêves, rêves aux anges, dors toute la nuit,
oublie la réalité où l’égalité, la liberté, la solidarité,
la tolérance, le respect et l’esprit ouvert ne sont que des mots
incohérents, quand on en a vraiment besoin!
Des peuples puissants, moins puissants, pas puissants,
minuscules et les moins que rien, tous se croient moins ou plus que l’autre,
même s’ils sont des frères, ils se moquent de ceux qui s’efforcent, de ceux qui n’ont rien,
en murmurant à chacun : on est là, du courage, on te soutient,
que des mots incohérents, quand on en a vraiment besoin !
et les moins que rien, ils y croient, d’un flot à l’autre,
et pourtant, ils ne reçoivent, des acropoles, que des exhortations
ou encore des menaces, des fariboles !
que des mots incohérents quand on n’en a pas vraiment besoin !
Néanmoins, ma chère francophonie, je te prie d’attendre impatiemment
car il y a toujours de nouveaux rêveurs, idéalistes qui viendront, un jour, te réveiller.


Pour savoir plus sur l'Université d'été: http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=TWHNGPlk7r0#t=42

lundi 14 octobre 2013

Bonjour, chers francophones et francophiles des Amériques !

Ce premier post sert à vous expliquer les raisons qui nous ont poussés à créer ce blog !

Dans quelques semaines, il y aura lieu les élections pour le Conseil d'administration du Centre de la francophonie des Amériques et nous nous représenterons pour le poste "extérieur du Canada".

Les Latino-Américains ont la chance de participer aux activités du Centre depuis sa création, en 2008. Ce sont des activités qui servent à sensibiliser les francophones de la diversité de la francophonie des Amériques et à donner une formation en francophonie pour que les gens puissent travailler mieux pour la diffusion du fait français.

Le vécu résultant de la participation latino-américaine dans les activités du Centre nous a permis de réfléchir à notre réalité comme francophones latino-américains et de comprendre un peu plus les enjeux qui marquent notre francophonie :

- des enjeux concernant les politiques linguistiques des pays latino-américains :
       - le français, chez nous, continue d'être une langue accessible surtout aux couches sociales plus aisées, ce qui empêche sa diffusion et sa démocratisation;
       - la précarité des écoles de langue (le manque d'infrastructure et de matériel pédagogique, par exemple) n'encourage pas l'enseignement du français dans les endroits plus défavorisés, ce qui est aussi un élément qui empêche les citoyens de s'approprier de cette (et d'autres langues) et de s'en servir pour améliorer sa formation culturelle et linguistique et ainsi développer encore plus son autonomie.

- des enjeux concernant le rôle du français dans nos sociétés : nous souhaitons que le français soit vu comme un moyen de développement social et non un mécanisme de sujétion culturelle; le français peut contribuer à l'élargissement des horizons des citoyens latino-américains et surtout des horizons de la jeunesse latino-américaine.

- des enjeux concernant l'identité francophone des Latino-Américains : découvrir notre propre manière de vivre notre francophonie est un défi urgent pour nous.

Ces enjeux traduisent l'une des nombreuses réalités du fait francophone dans le continent américain et sont la raison même qui nous pousse à nous représenter dans les élections pour le Conseil d'administration.

Nous souhaitons contribuer encore plus au rayonnement de la diversité de la francophonie des Amériques ! 

Pour le moment, malgré les 3 millions de francophones habitant dans les pays luso et hispanophones des Amériques, aucun Latino-Américain ne siège au Conseil. La diversité étant le nectar même de la francophonie, avoir un membre du sud du continent dans le Conseil contribuerait à accorder encore plus de légitimité à cet organisme, si cher pour la francophonie des Amériques.

Vive la diversité de la francophonie des Amériques !